Patan

Avis de

La plus belle des 3 places royales, ne manquez pas son musée, le seul à ne pas rater au Népal.

- Avis mis à jour le 15 décembre 2018

Quelques photos de Patan

Présentation de Patan

Patan ou Lalitpur est une ancienne capitale newar que l’on dit dater de la fin du IIIeme siècle. Elle n’est située qu’à 8 kms du centre de Katmandou, aujourd’hui les deux villes se rejoignent, n’étant séparées que par une rivière.

Surnommée ‘cité des arts’ ou ‘de la beauté’, le Durbar Square de Patan est un enchevêtrement désordonné et charmant de temples superbes de styles très variés, autour duquel gravitent de nombreuses petites ruelles médiévales où il fait bon se promener. A la fois plus petit et plus chargé que les Durbar Square de Katmandou et de Bhaktapur, il est pourtant plus hétéroclite et plus touchant que ceux-ci. Patan, remarquable pour ses nombreux temples et monastère bouddhistes, se dit plus ancienne cité bouddhiste d’Asie et fut de ce fait un lieu important pour l’enseignement de cette religion.

Visiter les Temples à Patan

Bhimsen Temple

Il est dédié au héros à la force légendaire du Mahabaratah, également dieu des affaires et du commerce. Edifice de briques et de bois à trois étages dont chaque toit est soutenu par des étais finement sculptés, sa façade principale est cependant recouverte de petites plaques de marbres et surmontée d’un balconnet en bois doré de style newar. Chaque fenêtre d’ornement et chacune des divinités aux multiples bras représentées sur les étais sont impressionnantes de précision. Apparemment semblable à de nombreux temples de la vallée, le mélange des matériaux et l’architecture du balconnet central lui confèrent pourtant un aspect original.
A l’entrée, les deux lions représentent le véhicule de Bhimsen. A l’intérieur, au premier étage, on trouve un enchevêtrement de cloches, horloges et objets divers ainsi qu’une statue de Bhimsen rougie par les offrandes.

Temple de Shiva

Ce temple du XVIIeme siècle est appelé par les habitants le ‘temple du Kama Sutra’, bien que les scènes érotiques soient bien moins choquantes que sur nombre d’autres temples. Il reste malgré tout magnifique, de par l’alliance réussie du bois et de la brique et par la finesse des sculptures représentants des démons ou des déesses dansantes ou jouant de la cithare. L’affiliation à Shiva est évidente de par le lingam (symbole phallique) qui sert d’autel et les nombreuses représentations de dieux à six bras armes du trident.
En face de l’escalier ouest, le taureau couché qui regarde le temple, est touchant de bonhomie.

Krishna Mandir

A l’image du Durbar Square, le temple de Krishna est étonnant, surchargé et envoûtant. Edifié au XVIIeme siècle en style sikhara c’est à dire en forme de pain de sucre et entièrement taille dans la pierre, il est le plus ancien de ce genre au Népal. Il est constitué de trois étages rectangulaires et surmonté de vingt et un pinacles d’or ornant autant de petits toits, ce qui lui confère une allure originale unique au Népal. Les détails des gravures sur les frises au-dessus des piliers sont également remarquables. Elles représentent de nombreuses scènes du Mahabaratah et du Ramayana, les deux célèbres épopées hindoues et sont impressionnantes de précision.

Jaganarayan Temple

Petit temple à deux toits dedié à Narayan, l’avatar de Vishnou comme protecteur du cosmos. Il est connu pour être le plus ancien de la place et est impressionnant de par les scènes érotiques assez coquines qui ornent les étais.
A l’autre de bout de la place, remarquez un autre temple dédié à Krishna à l’architecture plus qu’exceptionnelle au Népal. En effet, ce que l’on considère ici appartenir au style sikhara ressemble étonnement au style de la Renaissance italienne, et en particulier au Tempietto de Bramante que l’on peut admirer à Rome.

Palais Royal

Grand bâtiment occupant tout l’est de la place, l’ancien palais royal comporte trois entrées principales. La première, au Sud, est gardée par le dieu singe Hanuman et par la forme terrifiante de Vishnou mais son accès est désormais interdit car la fontaine royal qu’elle contient fait l’objet d’une longue restauration. La deuxième porte, gardée par deux superbes lions donne accès au Mul Chowk, la plus ancienne des trois cours, construite en 1666. Elle est ornée en son centre d’un petit autel. Cour intérieure de pur style newar elle est surtout remarquable pour les sculptures des étais de l’imposant toit se dressant à sa droite. Elles représentent en effet des scènes du Kama Sutra qui sont cette fois sur la partie supérieure et visible de l’étais. A noter également le piquet de bois destiné aux sacrifices d’animaux…
La troisième cour dans laquelle on entre par la porte d’or donne directement accès au musée de Patan.

Le Golden Temple

Il est situé dans une cour intérieure semblable à d’autres à Patan, mais dont l’effervescence et l’originalité sont atténuées par le trop de touristes et le prix de l’entrée. Néanmoins, le Temple d’or, pagode à trois toits, est le lieu de culte bouddhiste le plus imposant de Patan. Il a été construit au XIIeme siècle et semble être un travail d’orfèvre, car de nombreuses sculptures dorées étonnent par leur finesse.

Le temple de Shiva

Grand temple à cinq toits un peu à l’écart du circuit classique, il ne presse pas de particularités marquantes. Ce qui étonne c’est plutôt la foule qui bourdonne autour : chèvres, enfants qui jouent à la balle, mendiants… une foule grouillante venue vivre, prier, offrir… L’animation et la forte odeur qui règne en ce lieu rappellent l’Inde…

Maha Bouddha

Situé dans une petite cour intérieure à l’abri de l’agitation des ruelles, le Maha Bouddha est un temple bouddhiste de style sikhara entièrement en terre cuite, matière rarement employée dans la constructions des temples. Mais ce qui fait son originalité, ce sont les 9000 bouddhas gravés sur ses murs, de telle sorte qu’il est impossible d’échapper au regard de ‘celui qui voit tout’. Entièrement détruit par le tremblement de terre de 1934, il a été reconstruit à l’identique par les artisans potiers de la ville.

Uku Bahal

Monastère bouddhique surmonté de deux toits dorés. La cour intérieure ressemble un peu à celle du Golden Temple mais en plus originale et en moins touristique. Remarquez l’air souffrant de la tortue à l’entrée qui porte sur ses épaules de bas en haut un éléphant, un lion, Garuda, Vishnou et enfin Shiva… L’ensemble de la cour est ornés de lions, il y en a beaucoup, très différents les uns des autres, parfois mélangés à d’autres animaux pour former des bêtes étranges. Dans l’ensemble, une cour étonnante ou fourmillent en désordre des sculptures dorées ou de pierres de bêtes psychédéliques….

Le musée de Patan

En haut d’un petit escalier en bois, on commence par découvrir quelques étais de bois sculpté, dont un surprenant ‘Shiva-Vishnou’, accompagné d’explications très éclairantes.
On entre ensuite dans la galerie A où se trouve une belle collection de statuettes de bronze provenant du Népal, d’Inde et du Tibet et datant du XVIeme au XXeme siècle. Les dieux hindous et bouddhistes s’y mêlent de façon déconcertante…
La galerie B est quant à elle consacrée a Shiva, ses multiples formes et sa famille : frises et sculptures de pierre, statuettes en bronze et terre cuite ainsi que de nouvelles explications sur l’hindouisme. Le prolongement de la pièce mène directement à la galerie C ou c’est cette-fois Vishnou qui est à l’honneur. Au fond, le trône d’or des rois de Patan surmonte d’un naga à sept têtes est particulièrement remarquable. Cette présentation originale par divinité offre de nombreuses clés pour comprendre (autant que possible…) l’hindouisme. En sortant, on emprunte un nouvel escalier menant à la gallerie D, celle des dieux védiques et du tantrisme. Les fenêtres des salles donnant sur la cour permettent d’admirer les balcons de style newar.
On poursuit ensuite pour entrer dans la salle consacrée au bouddhisme, ses origines, ses saints, ses préceptes… Encore une belle collection de statuettes réalisées en différents métaux. Le Bouddha du XIIeme siècle, étonnement bien conservé permet de mesurer les prouesses techniques en matière de travail du métal réalisées à cette époque. Dans le prolongement on entre dans la gallerie F consacrée aux bodhisattvas, êtres humains ayant atteint l’illumination mais ayant renoncé à leur propre salut pour aider les autres à l’atteindre également. Cette pratique d’un bouddhisme qui ne se préoccupe pas seulement d’une ascèse et d’une méditation personnelle est à l’origine de ce que l’on appelle le bouddhisme du Grand Véhicule ou Mahayana, et qui est désormais le plus répandu. Notez la présence d’une divinité tibétaine encore vénérée au XVIIIeme siècle mais non identifiée…amusant. La dernière salle nommée ‘technologie’ présente moins d’intérêt, mais le musée n’en demeure pas moins riche, instructif et fascinant. Une très belle collection, des explications très bien conçues et enrichissantes surtout pour l’hindouisme et une atmosphère agréable et chaleureuse.

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