Histoire du Népal – des origines à la République moderne

Des premières civilisations à la naissance du Bouddha

Les premières traces de civilisation au Népal remontent au VIᵉ siècle avant J.-C., dans la vallée de Katmandou. C’est dans cette région que naît Siddhârta Gautama, futur Bouddha, en 563 av. J.-C. à Lumbini, faisant du Népal un haut lieu du bouddhisme originel. À cette époque, plusieurs royaumes indépendants et tribus (Gopalas, Mahishapalas, Kiratis) se partagent la plaine fertile de la vallée et contrôlent routes commerciales, rites religieux et premières agricultures.


Dynasties, échanges et influences – du bouddhisme à l’hindouisme

L’histoire du Népal s’organise autour de dynasties puissantes. Les Kiratis dominent la vallée de Katmandou pendant plus de mille ans, favorisant l’émergence d’une culture unique, puis les Licchavis (vers le IVᵉ-VIIᵉ s. ap. J.-C.), venus du nord de l’Inde, posent les bases de l’État népalais : premiers temples, inscriptions, essor des arts, échanges commerçants et religieux avec l’Inde et le Tibet.
Sous les Licchavis, le bouddhisme, d’abord soutenu, cède progressivement le pas à l’hindouisme, qui s’impose comme religion dominante du pouvoir, même si les deux traditions vont durablement coexister.


L’apogée des cités et des rois Malla

Du XIIᵉ au XVIIIᵉ siècle, la dynastie Malla gouverne la vallée, période d’âge d’or pour Katmandou, Bhaktapur et Patan : développement du commerce avec la Chine et le Tibet, apogée des arts newar, construction de somptueux palais, temples à toits gravés, places royales et festivals traditionnels.
La société est marquée par une grande diversité ethnique, des organisations politiques avancées et une rivalité constante entre les cités, qui favorise parfois l’ingérence extérieure, notamment indienne.


L’unification du royaume du Népal

Sous la menace des puissances voisines, Prithvi Narayan Shah, roi du petit royaume Gorkha, entreprend d’unifier le Népal. Dès 1742, il conquiert les royaumes Malla de la vallée et fonde en 1768 la monarchie Shah, établissant Katmandou comme capitale.
Sous l’égide des Shah, le royaume étend ses frontières à l’ouest jusqu’au Kashmir et à l’est jusqu’au Sikkim. L’expansion bute rapidement contre les Britanniques de la Compagnie des Indes orientales, qui imposent au Népal une série de traités au XIXᵉ siècle (notamment le traité de Sugauli en 1815), faisant perdre la moitié de son territoire mais permettant au pays de garder son indépendance et un statut de royaume neutre.


De la monarchie à la République – luttes, crises et révolutions

De 1846 à 1951, le Népal est dominé par la famille Rana, qui impose une dictature héréditaire : le roi reste, mais le pouvoir réel est entre les mains du Premier ministre. Cette période d’isolement politique est accompagnée d’une relative stabilité mais aussi de retard économique et social, le pays restant fermé au monde extérieur.

En 1951, une révolution soutenue par l’Inde aboutit à la restauration du pouvoir royal. Mahendra Bir Bikram Shah, puis son fils Birendra, tentent d’introduire une monarchie constitutionnelle face à un mouvement populaire de plus en plus déterminé.
Mais les années 1990 sont marquées par l’instabilité politique, la montée du mouvement maoïste, puis une guerre civile qui fait des milliers de morts.
Une crise dynastique éclate en 2001 : un drame sanglant élimine le roi, la reine et plusieurs membres de la famille royale. Son frère Gyanendra monte sur le trône, concentre temporairement tous les pouvoirs puis doit faire face à la pression de la rue.

En 2008, après de grandes manifestations démocratiques, la monarchie est abolie. Le Népal est déclaré République démocratique fédérale, adoptant en 2015 une nouvelle Constitution. Le pays s’ouvre alors à la modernité, tout en confrontant à ses grands défis économiques, sociaux et environnementaux.


Le Népal aujourd’hui – un pays de contrastes, de diversité et de résilience

À travers ses bouleversements politiques et ses influences religieuses, le Népal a su préserver son identité profonde : celle d’un pays de montagnes, d’arts et de rituels, aux populations plurielles.
Aujourd’hui, le Népal est l’un des rares pays à combiner dans ses paysages, ses cités et ses fêtes la mémoire du Royaume ermitage, la ferveur religieuse, la multiplicité des peuples, l’envie de s’ouvrir au monde et une résilience incroyable face aux aléas de la nature et de l’histoire.

Le Népal séduit par ce mélange d’authenticité, de mystère, de vitalité. Ici, chaque vallée surprend. Les contrastes sont partout, dans les paysages comme dans la gentillesse des Népalais : l’accueil est sincère, le sourire omniprésent, le sens du partage bien réel.


Ethnies, langues et traditions – le patchwork népalais

Unique par sa diversité, le Népal recense plus de 120 langues et autant d’ethnies : Gurung, Tamang, Newar, Sherpa, Magar, Tharu, Rai, Limbu…
Si le Népali (langue indo-européenne dérivée du sanskrit) est officiel, il n’est pas la langue maternelle de la majorité. L’anglais est courant chez les plus jeunes et en ville ; le français reste rare.

Chaque vallée a ses fêtes, ses costumes, sa cuisine. Les pagodes se dressent aux côtés des stupas bouddhistes ; les villages Sherpas côtoient les temples hindous. Festivals, artisanat, musique, rituels chamaniques ou hindouistes, danses et hospitalité façonnent un quotidien bigarré.


Rites de vie et conseils de voyage

Pays de respects et de codes subtils, le Népal accorde une grande importance au savoir-vivre :

  • Saluer d’un Namasté, se déchausser au seuil d’un temple ou d’une maison,
  • Ne jamais pointer quelqu’un ou une statue du doigt,
  • Manger avec la main droite, éviter de diriger ses pieds vers autrui,
  • Ne pas manifester d’affection en public,
  • S’asseoir en tailleur et faire le tour des stupas dans le sens des aiguilles d’une montre…

La cuisine est populaire et roborative : dal bath (riz-lentilles) matin et soir, épices, légumes locaux, curry, momos (raviolis tibétains), soupes ; le tout dégusté avec simplicité et générosité.